vendredi 6 nov, 17 h 19
Par Marc Tougas, La Presse Canadienne
BROSSARD - Carey Price a peut-être vaincu quelques démons, jeudi, dans la victoire à Boston contre les Bruins.
Même si le jeune gardien du Canadien jouait généralement bien depuis le début de la saison, les victoires n'étaient pas au rendez-vous. Celle de jeudi, acquise au compte serré de 2-1 en fusillade après que les Bruins eurent égalé le score dans la dernière minute de la troisième période, a fait du bien. Pour l'équipe, puisqu'elle stoppait à cinq la série de défaites à l'étranger des hommes de Jacques Martin. Mais aussi pour le gardien no 1 du Tricolore, qui ne l'avait pas emporté depuis le 3 octobre à Buffalo.
Price avait subi six défaites depuis. Il était temps que cette série noire finisse à en juger par la réaction du gardien de 22 ans, en fusillade, alors qu'il a été parfait en trois tirs. Habituellement impassible, il s'est laissé aller à une courte réaction après son premier arrêt, quand il a recraché la rondelle de son gant, l'air hautain. Puis encore après la troisième tentative des Bruins, quand il a frustré Mark Recchi en avançant le bâton et en glissant pour le bloquer avant même que l'ancien du CH n'ait le temps de faire une feinte.
"Je la voulais vraiment celle-là, surtout après cette série (de défaites)", a commenté Price, vendredi, après la séance d'entraînement du Canadien tenue à la veille de l'affrontement au Centre Bell contre le Lightning de Tampa Bay. "Je ne voulais pas perdre après avoir travaillé si fort pendant 65 minutes, et surtout après avoir mené pendant 59 minutes."
Price a reconnu qu'il a davantage réagi que d'habitude, mais qu'il a vite réalisé que ce n'était qu'un match. C'est pourquoi il s'est vite contenu après sa réaction initiale.
"Qu'il s'agisse d'une victoire ou d'une défaite, il faut l'oublier et passer à la suivante. Tu ne peux pas te concentrer sur le passé, sinon tu vas devenir trop excité ou trop déprimé, a-t-il rappelé. C'est un cliché, mais c'est vrai. Si tu deviens trop excité, tes habitudes de travail en souffrent. Et si tu es trop déprimé, ta confiance s'en trouve affectée. Il faut garder l'équilibre.
"La victoire t'aide à mieux te sentir. Ca enlève un peu de pression", a quand même reconnu Price.
Quant à son 'poke-check' devant Recchi, Price a avoué que Roland Melanson lui interdisait ce genre de geste quand il était l'entraîneur des gardiens du Canadien.
"Car c'est jeu à risque élevé, a noté Price. Si tu le rates, tu deviens vulnérable. Quand tu le fais, tu dois être certain à 100 pour cent de réussir, sinon ça va se retrouver dans le filet."
"Ce n'est pas quelque chose que je tenterais de faire pendant un match, a ajouté Price. Même en fusillade, vous ne verrez pas ça très souvent. C'est une carte que je garde dans ma manche, mais que je ne sortirai pas tellement souvent."
Réunion avec Martin
Price a dit avoir peaufiné son positionnement sur la glace - et, surtout, la rapidité avec laquelle il se prépare à affronter les tirs.
"Quand tu fais ça, tu peux être prêt avant même que la rondelle ne se rende au filet. Je pense que ça aide", a souligné le gardien.
Un tête à tête avec Jacques Martin, la semaine dernière, a peut-être aussi aidé. L'entraîneur a alors rencontré son gardien dans le but de lui donner l'heure juste, et non pas parce qu'il avait des reproches à lui faire.
"Je lui ai indiqué les choses qu'il doit continuer à améliorer, a fait savoir Martin. En aucun moment n'ai-je senti que sa confiance avait été affectée."
Martin lui a alors expliqué qu'il l'avait mis en compétition avec Jaroslav Halak dans le but de le pousser plus profondément dans ses retranchements et l'amener à mieux jouer. Il lui a aussi rappelé que le talent doit être allié à de bonnes habitudes de travail si on veut atteindre un niveau de performance élevé.
Hamrlik occupé
Déjà appelé à prendre les bouchées double depuis les blessures d'Andrei Markov et Ryan O'Byrne, Roman Hamrlik a dû en prendre encore plus sur ses épaules depuis l'absence de Hal Gill. Et un peu plus encore, jeudi contre les Bruins, quand il a perdu son partenaire de jeu Jaroslav Spacek, blessé, pendant une partie de la rencontre à Boston. Jacques Martin a alors fait appel à ses services pour un grand total de 29:44.
"Je ne suis pas habitué de jouer 29 minutes, mais je me sentais bien sur la glace", a fait savoir Hamrlik après l'entraînement de vendredi.
"Depuis la blessure à Gill, en plus il a dû jouer avec (Marc-André) Bergeron et (Mathieu) Carle à l'occasion, a noté Martin. (Hamrlik) est un vétéran qui a une très bonne compréhension du jeu et qui a atteint un bon niveau de forme même s'il a raté une bonne partie du camp à cause de la maladie."
"Quand tu joues 30 minutes par match, ça aide!", s'est esclaffé Hamrlik quand on lui a fait remarquer qu'il était dans une forme resplendissante cette saison.
Même si l'absence d'un défenseur de la trempe de Markov se doit d'être comblée collectivement, Hamrlik savait qu'il reviendrait à lui, plus que quiconque, de prendre la relève de l'habile défenseur russe.
"En même temps, je me disais que je devais continuer de jouer mon match, a indiqué le défenseur tchèque de 35 ans. Je ne crois pas que je joue mieux que l'an dernier. C'est juste que j'ai davantage l'occasion de me mettre en valeur parce que je joue plus souvent en avantage et désavantage numérique, à quatre contre quatre, et à cinq contre cinq contre le meilleur trio adverse."
"J'aime jouer contre les meilleurs joueurs de l'autre équipe. C'est bien d'avoir la chance de se prouver à soi-même qu'on en est capable", a souligné Hamrlik, tout en laissant entendre qu'il aurait aimé mieux faire à ce niveau contre les Penguins de Pittsburgh.
Lapierre et McGuire
Même dans la victoire, une journée dans la vie du Canadien ne serait pas complète sans une petit controverse. La plus récente, selon l'analyste télé Pierre McGuire: Maxim Lapierre commencerait à avoir la réputation, à travers la Ligue nationale, d'un joueur qui parle beaucoup sur la glace mais qui ne le soutient pas avec des gestes puisqu'il refuse très souvent de se battre.
Ce que Jacques Martin a rejeté du revers de la main.
"Un joueur comme John Tonelli était très physique et, à ma connaissance, il ne se battait pas", a souligné l'entraîneur, en faisant allusion au plombier de luxe qui a aidé les Islanders de New York à remporter quatre coupes Stanley d'affilée dans les années 1980, aux côtés des Mike Bossy, Bryan Trottier et compagnie. "L'important, pour un joueur, c'est l'intensité, d'aller au filet et de faire les choses qu'on doit faire pour remporter un match de hockey."
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