mardi 3 nov, 12 h 24
PARIS (AFP) - Plusieurs élus, dont les présidents des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes, ont demandé mardi que leurs collectivités soient indemnisées au titre du préjudice écologique pour le naufrage de l'Erika, lors du procès en appel.
"Nous ne voulons pas qu'une telle catastrophe se reproduise et votre arrêt jouera un rôle important pour cela", a déclaré Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire, devant le président de la cour, Joseph Valantin.
"Depuis la catastrophe de l'Erika, des choses ont changé. La réglementation a évolué (...). Mais tout cet arsenal préventif ne sera complet que lorsque cette cour aura confirmé les responsabilités des uns et des autres, et aura reconnu l'importance des préjudices, certes matériel, mais aussi et surtout écologique", a-t-il ajouté.
Les Pays de la Loire demandent 30 millions d'euros au titre du préjudice écologique, tout comme la Bretagne et le Poitou-Charentes, tandis que le Finistère notamment réclame 10 M EUR.
Lors du procès de première instance, le préjudice écologique avait été reconnu pour les seuls département du Morbihan et Ligue de Protection des Oiseaux (LPO).
"Avec cette accumulation de demandes, ne risque-t-on pas d'indemniser plusieurs fois la même chose?", a objecté Me Axel Engelsen, avocat de la société de classification Rina.
Le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, a souligné la compétence de la région en matière d'environnement et rappelé qu'elle co-finance avec l'Etat, dans le cadre des contrats de plan, des actions en matière environnementale.
Il faut aussi que sur le plan pénal "la responsabilité collective de l'ensemble de la chaîne de transport", dont celle de l'affréteur Total, soit confirmée, a-t-il insisté.
Pierre Maille, président du conseil général du Finistère, a souhaité pour sa part que le jugement soit "sévère, afin, nous l'espérons, de dissuader de futures pollutions".
Le parquet général prendra ses réquisitions le 10 novembre, le procès s'achèvant le 18.
Total, Rina, l'armateur de l'Erika Giuseppe Savarese et son gestionnaire Antonio Pollara avaient été condamnés solidairement en première instance à 192 millions d'euros de dommages et intérêts. Ils avaient également reçu l'amende maximale: 375.000 euros pour les personnes morales, 75.000 euros pour les personnes physiques.
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