mardi 3 nov, 12 h 48
NEW YORK (Etats-Unis) (AFP) - Le maire de New York Michael Bloomberg s'achemine presque sûrement vers un troisième mandat mardi, après avoir investi 100 millions de dollars de sa fortune personnelle dans la campagne électorale.
Le magnat des médias, en poste depuis 2001, devrait d'après les sondages s'assurer une confortable avance face à son rival démocrate William Thompson, peu connu et disposant de beaucoup moins d'argent.
A 67 ans, Michael Bloomberg est considéré comme l'homme qui a fini de transformer la mégapole autrefois violente et chaotique en une des villes les plus propres, sûres et efficaces des Etats-Unis.
Sous son administration, New York a vu bondir le nombre de nouveaux immeubles de luxe, rendu Times Square aux piétons, affiché les calories sur les menus des restaurants, interdit de fumer dans les établissements publics.
Deux controverses marquent toutefois sa marche apparemment triomphale vers un troisième mandat de quatre ans, dans la ville encore sous le choc de la crise de 2008 à Wall Street.
L'une porte sur l'utilisation effarante de sa fortune, estimée à 17,5 milliards de dollars, pour dominer la campagne électorale.
Ces dernières semaines, il a dépensé environ un million de dollars par jour, et le chiffre devrait dépasser 100 millions de dollars d'ici mardi, selon les experts. Jamais un politicien n'aura dépensé autant de son argent personnel pour une campagne, et les six millions de dollars investis par Bill Thomson font pâle figure en comparaison.
Fondateur de Bloomberg LP, géant mondial de l'information financière, le maire a par ailleurs provoqué l'indignation de beaucoup en forçant pratiquement le Conseil municipal à modifier une limitation à deux mandats auparavant approuvée par référendum, lui permettant de se présenter une troisième fois.
Résultat: si sa réélection semble assurée, la sympathie qu'il inspire l'est moins.
Selon un dernier sondage de l'institut Marist Poll, publié le 22 octobre, Michael Bloomberg est crédité de 52% des intentions de vote contre 36% à Thompson, tandis que l'institut Quinnipiac le place à 53 contre 35%.
Le résultat final pourrait dépendre de l'abstentionnisme, qui devrait être élevé.
Professeur de politique américaine à l'Université Columbia (New York), Robert Shapiro souligne le talent d'administrateur de Michael Bloomberg.
"Il a réussi à maintenir la criminalité à un taux très bas, alors que les effectifs de la police ont diminué, c'est remarquable", souligne-t-il.
Mais les raisons pour lesquelles il tient tant à se maintenir à son poste restent assez mystérieuses.
New York fait face à des restrictions budgétaires sévères après la crise de Wall Street, qui a privé la ville d'une partie essentielle de ses recettes, et le chômage y atteint 10%.
"Il a à l'évidence envie de rester maire, on se demande pourquoi alors que la situation à venir n'est pas rose", estime Robert Shapiro.
De son côté Thompson, 56 ans, a été peu soutenu par le parti démocrate et du bout des lèvres par le président Barack Obama.
Les sept autres candidats, dont un libertarien qui veut se battre contre l'interdiction de fumer, apparaissent très marginaux et ont été ignorés par les médias.
Fred Siegel, chercheur au Manhattan Institute, ne mâche pas ses mots, qualifiant Michael Bloomberg de personnage "médiocre et modérément compétent".
Tout dépend de l'évolution de la situation économique, et un troisième mandat tumultueux n'est pas difficile à imaginer. "C'est une élection où l'on voit les nuages s'accumuler. La tempête du mécontentement gronde", conclut Fred Siegel.
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