mardi 3 nov, 10 h 11
NEW YORK (AFP) - Les enchères d'automne d'art impressionniste, moderne et contemporain s'ouvrent mardi à New York sans record attendu, mais le choc de la crise semble encaissé et les affaires repartent.
"En un an, l'ajustement s'est fait: les vendeurs acceptent les estimations plus basses que nous leur proposons, et les acheteurs sont de retour, après la pause de novembre 2008", a estimé vendredi Tobias Meyer, directeur du département d'art contemporain chez Sotheby's, en présentant aux journalistes les oeuvres proposées.
Après le séisme provoqué par la crise financière mondiale l'an dernier, beaucoup d'oeuvres étaient restées invendues, la "réserve" ou prix plancher n'ayant pas été atteinte par les enchères. Depuis, les grands marchands se sont assagis, sont partis à la recherche des successions, et ont réussi à convaincre les collectionneurs de revenir.
Pour ce cru 2009, les estimations hautes ne dépassent guère 12 millions de dollars pour une oeuvre, chez Christie's comme chez Sotheby's, les principales salles de New York, qui organisent leurs "soirées" --où les plus gros lots sont proposés-- dans les semaines du 2 et du 9 novembre.
On est loin des 86,2 millions de dollars atteints en mai 2008 par un triptyque de Francis Bacon, à l'apogée de plusieurs années d'emballement du marché de l'art, porté par la croissance et sa mondialisation qui avaient amené des dizaines de nouveaux milliardaires venus d'Asie ou de Russie.
L'acheteur était d'ailleurs un oligarque russe, Roman Abramovitch, avait révélé la presse peu après.
"Il est clair que l'offre et la demande sont à nouveau là, mais les enchères sont conduites avec une grande rigueur, et avec prudence", souligne Emmanuel di-Donna, vice-président de Sotheby's pour l'art impressionniste et moderne.
Les lots sont importants, la proposition s'enrichit de quelques successions, notamment la collection Myers, une centaine de pièces contemporaines amassées par l'industriel Louis Myers, mort en 1993, et son épouse, décédée en décembre dernier. La collection est estimée à environ 30 millions de dollars.
Si chez Christie's le nombre de lots proposés lors des soirées est proche de 90 --47 oeuvres contemporaines et 40 impressionnistes et modernes--, Sotheby's dépasse 100 lots, avec 123 oeuvres en vente.
Kandinsky, Matisse, Rodin, Mondrian, Picasso, Giacometti ou Degas dominent la première semaine, Warhol, de Koonings, Sol Lewitt, David Hockney, Jasper Johns ou Bruce Naumann leur succèdent pour la deuxième.
Certaines oeuvres apparaissent sur le marché pour la première fois, comme un "Jeune Arabe" de Kees van Dongen, peint en 1910 et estimé entre 7 et 10 millions de dollars.
Une toile de Vassili Kandinsky, "Dramatic and Mild", peinte en 1932 et acquise pour 27.000 dollars il y a une quarantaine d'années, est estimée entre 6 et 8 millions de dollars.
Enfin Sotheby's propose un autoportrait d'Andy Warhol qui a été conservé pendant plus de 40 ans dans un placard. Offert par l'artiste en 1967 à Cathy Naso, une étudiante de 18 ans qui avait travaillé comme standardiste à la Factory --son célèbre atelier d'artiste--, il est dédicacé "Pour Cathy", et estimé entre 1 et 1,5 million de dollars.
Moyenne (Not Rated)
Copyright © 2009 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.