Radio-Canada

Changements climatiques : Il faudra attendre Copenhague

vendredi 6 nov, 21 h 18

Finalement, la réunion de l'ONU à Barcelone s'est achevée avec un arrière-goût d'échec. Les 175 pays réunis ne sont pas parvenus à s'entendre sur les cibles à atteindre pour réduire les gaz à effet de serre.

D'importants désaccords divisent les pays industrialisés et en voie de développement sur la question.

Ainsi, l'objectif de parvenir en décembre à un nouvel accord international sur la lutte contre le réchauffement climatique ne sera selon toute vraisemblance pas atteint.

« C'est un travail inachevé, bien en deçà de ce qui est nécessaire », a déclaré Lumumba Stanislaus Di-Aping, président soudanais du Groupe des 77 auquel la Chine est associée et qui représente les pays pauvres.

L'idée initiale, au début du processus lancé en décembre 2007 à Bali, était de boucler avant la fin 2009 un accord censé succéder au protocole de Kyoto, qui arrive à expiration en 2012. La conférence de Copenhague, programmée du 7 au 18 décembre, devait parachever le processus.

Vent de pessimisme

De nombreuses critiques ont été adressées aux États-Unis, incapables de mettre sur la table une proposition formelle de réduction de leurs émissions de carbone, en raison des retards pris au Congrès.

Certains délégués présents à Barcelone ont évoqué cette semaine une année supplémentaire de négociations.

« Les réductions [d'émissions] que les pays industrialisés ont mis sur la table sont à la limite basse des ambitions, à peine quelques points de pourcentage de plus que les engagements qu'ils avaient pris dans le cadre de l'accord originel de Kyoto », a commenté Bill Hare, scientifique de l'Institut Potsdam, un centre de recherches allemand.

Plusieurs points à régler

Plusieurs points essentiels doivent être réglés dans les négociations sur le climat avant le sommet de décembre à Copenhague. Il s'agit des objectifs de réduction des émissions, de l'aide aux pays pauvres, de la distribution de l'aide et du cadre du traité.

En matière d'objectifs de réduction des émissions, les scientifiques estiment que les pays développés devraient réduire leurs émissions de 25 % à 40 % par rapport à leurs niveaux de 1990 pour éviter une catastrophe climatique. Or, les promesses actuelles des pays riches sont loin d'atteindre ces pourcentages. Pour leur part, les pays en développement veulent que les nations développées s'engagent à réduire leurs émissions d'au moins 40 % par rapport à 1990.

Les pays industrialisés sont sollicités pour contribuer à un fonds mondial afin d'aider les pays les plus pauvres à faire face aux effets du changement climatique. L'Union européenne estime que de cinq à sept milliards d'euros par an seront nécessaires au cours des trois prochaines années et, d'ici 2020, la somme requise grimpe à 100 milliards d'euros par an.

De plus, les États doivent se mettre d'accord sur un mécanisme de distribution de ces fonds qui serviront à lutter contre les sécheresses, les inondations et d'autres désastres liés au climat.

Enfin, les négociateurs doivent s'entendre sur le cadre d'un traité qui est contraignant d'un point de vue légal. En effet, les pays en développement veulent que le protocole de Kyoto de 1997 soit prolongé au-delà de son expiration, soit 2012. Ils demandent aussi que des objectifs de réduction plus élevés pour 37 pays industrialisés y soient intégrés. Bref, pour l'instant, l'incertitude demeure.

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