mardi 3 nov, 11 h 00
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a ajourné jusqu'à la semaine prochaine le procès de Radovan Karadzic, accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité durant le conflit bosniaque dans les années 90.
L'ex-chef des Serbes de Bosnie s'était présenté pour une première fois mardi à son procès qui se déroule à La Haye, aux Pays-Bas.
L'homme de 64 ans ne s'est pas présenté lors des trois premières journées de son procès, la semaine dernière.
Devant le juge O-Gon Kwon, Radovan Karadzic a réitéré qu'il a besoin de plus de temps pour préparer sa défense, qu'il assume seul, puisque la preuve recueillie contre lui totalise plus de 1 million de pages.
Vêtu d'un costume noir et d'une chemise rose et portant une cravate rouge, Karadzic s'est présenté au TPIY à 14 h 15, heure locale, afin d'expliquer ses arguments au juge.
Le fait que son procès ait commencé malgré son absence constitue « une violation de [ses] droits fondamentaux », a-t-il plaidé. « Je serais vraiment un criminel si j'acceptais d'être présent à mon procès sans être prêt. »
« Cela n'est pas dans l'intérêt de la cour ni des Nations unies, cela ne peut être dans leur intérêt de ne pas mener un procès correctement ».
Après cette brève comparution, le juge O-Gon Kwon a réitéré qu'il prendra une décision à ce sujet cette semaine. Il a ensuite suspendu les procédures. La semaine dernière, le magistrat avait fait savoir qu'il songeait à imposer un avocat à Radovan Karadzic si celui-ci continuait de refuser de se présenter.
Deux accusations de génocide
Jusqu'ici le procès est allé de l'avant sans M. Karadzic. La semaine dernière, le procureur Alan Tieger l'a présenté comme le maître d'oeuvre d'une campagne de nettoyage ethnique durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Karadzic doit répondre à 11 chefs d'accusation, dont deux de génocide. On l'accuse d'être responsable du siège de Sarajevo, au cours duquel 10 000 personnes ont été tuées, et du massacre de Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995, durant lequel 8000 garçons et hommes musulmans ont été exécutés.
Radovan Karadzic est le plus haut dirigeant serbe de Bosnie traduit devant le TPIY. Arrêté en juillet 2008 à Belgrade, après une cavale de 13 ans, Karadzic risque la prison à perpétuité s'il est reconnu coupable.
Serbes contre l'extradition de Mladic
L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, qui est lui aussi accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour son rôle dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, demeure entre-temps en cavale.
Mardi, un responsable du gouvernement serbe, Rasim Ljajic, a cité une enquête gouvernementale selon laquelle 51 % des Serbes seraient contre l'arrestation et l'extradition vers le TPIY de l'homme de 67 ans.
Selon M. Ljajic, 26 % des Serbes sont aujourd'hui favorables à son extradition vers La Haye, comparativement à 50 % l'an dernier. « Nous n'avons jamais eu aussi peu de gens favorables à l'extradition de Mladic », a-t-il commenté.
Depuis sa création en 1993, le TPI pour l'ex-Yougoslavie a inculpé 161 personnes relativement aux conflits qui ont eu lieu en ex-Yougoslavie, en Croatie et aussi Bosnie, mais aussi ultérieurement en Macédoine et au Kosovo. La procédure est close pour 120 d'entre elles.
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